Le symbolisme chez René Guénon

Dante et la Divine Comédie.
Fresque de la cathédrale de Florence, 1465. Source : Jastrow / Wikimedia Commons.

Note : on trouvera en fin de cet article la liste des abréviations utilisées pour les livres de René Guénon.


Le symbolisme, langage de la tradition
Pour Guénon, le symbolisme a une importance fondamentale, sur laquelle il insiste dès son premier livre : le symbole est « la langue métaphysique par excellence » (IGEDH, 108). Il possède par ailleurs, ajoute-t-il, une efficacité réelle en tant que moyen de réalisation spirituelle : les rites, qui « ont un caractère éminemment symbolique », facilitent la réalisation métaphysique, « c’est-à-dire la transformation de cette connaissance virtuelle qu’est la simple théorie en une connaissance effective. » (IGEDH, 108 et 147).

Du symbolisme, Guénon va principalement évoquer trois aspects, pour lui indissociables. D’abord, et si l’on suit l’ordre chronologique d’apparition de ces thématiques dans son oeuvre, il souligne l’emploi des symboles dans l’enseignement initiatique et traditionnel. Ce thème est déjà présent dans une conférence publiée comme article en 1913 et consacrée à « L’enseignement initia-tique » ; il apparaît ensuite régulièrement dans les textes des années 1920 pour connaître un développement particulier dès 1932, dans les articles qu’il consacre aux principes et aux méthodes de l’initiation. Ensuite, une métaphysique du symbole, qu’il esquisse dans des articles de Regnabit en 1925-1926 et à laquelle il va donner une dimension plus vaste en 1931 avec Le symbolisme de la croix, en exposant une théorie des degrés de la réalité universelle, fondement du symbolisme. Enfin, le comparatisme des symboles traditionnels, qui vise à montrer l’existence d’une tradition primordiale, source unique et non-humaine de tous les symboles traditionnels manifestés dans l’histoire. Ce comparatisme apparaît de manière systématique dès 1925 avec L’ésotérisme de Dante et les articles de Regnabit, et se poursuit par la suite jusqu’aux derniers livres et articles. Dans l’oeuvre guénonienne, ces trois aspects de la question du symbolisme sont indissociables et elles commandent la logique interne de ses exposés : lorsque Guénon explicite tel symbole, c’est à la fois pour évoquer une doctrine métaphysique, suggérer la concordance des traditions et leur rattachement à la tradition primordiale, et donner au lecteur des clés intellectuelles susceptibles d’éveiller en lui une intelligence profonde des traditions. Nous allons à présent détailler ces trois aspects, en développant plus particulièrement le comparatisme des symboliques.

Dans un article de janvier 1913, publié dans Le Symbolisme et consacré à « L’enseignement initiatique » , Guénon affirme que le symbolisme « est comme la forme sensible de tout enseignement initiatique » (AI, 205). Il est « la représentation synthétique et schématique de tout un ensemble d’idées et de conceptions que chacun pourra saisir selon ses aptitudes intellectuelles » (AI, 205). Il constitue par ailleurs le seul moyen de transmettre « tout cet inexprimable qui constitue le domaine propre de l’initiation » (AI, 205). Dans ses articles de Regnabit, il évoque à plusieurs reprises la nécessité du symbole pour accéder aux réalités métaphysiques. Dans « Coeur et cerveau » (janvier 1927), il affirme en substance que le symbole est le moyen traditionnel permettant à l’homme de parvenir à une connaissance supra-rationnelle (SSS, 403). Dans un article d’octobre 1930, on peut lire que le symbole est destiné à éveiller la faculté intuitive et à permettre la connaissance initiatique, définie par notre auteur comme « une communication établie consciemment avec les états supérieurs » (AI, 211). Dès 1932, dans le cadre de sa série d’articles sur l’initiation, Guénon revient à plusieurs reprises sur la question du symbolisme, en précisant des idées que l’on trouve néanmoins exprimées antérieurement sur l’importance des symboles et des rites dans la démarche initiatique .

Pour Guénon, le symbolisme est inséparable d’une conception métaphysique. Dans l’addendum de son premier article pour Regnabit (Addendum à « Le Sacré-Coeur et la légende du Saint Graal », Regnabit, décembre 1925, in SSS, 28), il note que les significations multiples des symboles expriment « les applications d’un même principe à des ordres divers, selon une loi de correspondance sur laquelle se fonde l’harmonieuse multiplicité des sens qui sont inclus dans tout symbolisme. » Dans son article suivant, « Le Verbe et le Symbole » (janvier 1926), il entend apporter « quelques précisions complémentaires » sur la question du symbolisme (SSS, 15). Il remarque d’abord que le symbole est particulièrement adapté aux exigences de la nature humaine, car c’est à partir de formes sensibles que l’homme peut accéder aux réalités supérieures (SSS, 15). Il reprend des idées déjà exprimées en écrivant que le symbole, avec ses sens multiples et son caractère synthétique, s’adresse à l’intuition intellectuelle (SSS, 16). Puis, il évoque une métaphysique du symbolisme en affirmant que le symbole « a son fondement dans la nature même des êtres et des choses » (SSS, 17). En effet,

si le monde est l’effet de la Parole divine proférée à l’origine des temps, la nature entière peut être prise comme un symbole de la réalité surnaturelle. Tout ce qui est, sous quelque mode que ce soit, ayant son principe dans l’Intellect divin, traduit ou représente ce principe à sa manière et selon son ordre d’existence ; et, ainsi, d’un ordre à l’autre, toutes choses s’enchaînent et se correspondent pour concourir à l’harmonie universelle et totale, qui est comme un reflet de l’Unité divine elle-même.[SSS. 18]

Il en résulte pour Guénon que l’inférieur symbolise le supérieur, et non l’inverse : « le sensible peut symboliser le suprasensible ; l’ordre naturel tout entier peut, à son tour, être un symbole de l’ordre divin » (SSS, 18). Le principe du symbolisme repose selon lui sur la structure hiérarchisée de l’existence universelle : chaque degré d’existence symbolise le degré qui lui est supérieur selon une loi d’analogie. Le symbole, qu’il s’agisse de la nature, des symboles traditionnels ou même des faits historiques, comprend des significations superposées correspondant aux degrés superposés de l’existence universelle issue de l’Être. C’est ce que Guénon va particulièrement développer dans Le symbolisme de la croix en 1931, et notamment dans l’avant-propos qui condense en quelques pages une théorie métaphysique du signe (SC, 11-14).

Les symboles traditionnels comme traces de la tradition primordiale
Presque simultanément avec les premières esquisses d’une métaphysique du symbole dans Regnabit, Guénon inaugure une série d’études, dans lesquelles il se propose de rendre compte de l’existence d’une tradition primordiale en montrant la concordance des symboles appartenant à des traditions différentes. Dans son premier article de Regnabit, « Le Sacré-Coeur et la Légende du Saint Graal » (août-septembre 1925), il étudie la symbolique du Graal et ses correspondances avec celle du vase sacré en Orient. En conclusion, il considère que les rapprochements qu’il vient d’établir tendent à montrer l’existence d’une tradition primordiale qui serait l’origine unique des symboles traditionnels (SSS, 26). Dans L’ésotérisme de Dante, publié la même année, les similitudes qu’il relève entre le voyage céleste de Dante et les conceptions islamiques, persane et indiennes « ne montrent pas autre chose que l’unité de la doctrine qui est contenue dans toutes les traditions » (ED, 44). Dans le « Verbe et le Symbole » (Regnabit, janvier 1926), il fait le lien entre le principe métaphysique des symboles et les symboles traditionnels manifestés dans l’histoire. Il insiste sur l’origine non-humaine du symbolisme et sur le rattachement des symboles au Verbe, auteur de la Création comme de la Révélation primordiale. Le symbole, écrit-il, a son origine dans le Verbe divin et, par rapport à la présente humanité, dans la « Révélation primordiale », c’est-à-dire dans la tradition primordiale énoncée par le Verbe. Dans le cours de l’histoire, cette Révélation s’est incorporée « dans des symboles qui se sont transmis d’âge en âge depuis les origines de l’humanité » (SSS, 19). Toujours dans Regnabit, en mai 1926 (« L’idée du Centre dans les traditions antiques »), il évoque les symbolismes graphiques rattachés à l’idée de Centre, d’origine et d’unité primordiale : le point au centre d’un cercle, dont il fait l’image du Principe (le centre) et du Monde (SSS, 64), et le motif du swastika, qui exprime selon lui l’idée de giration autour d’un centre immuable (SSS, 69). Il souligne l’universalité de ces symboles, rencontrés un peu partout dans le monde et depuis des époques préhistoriques : preuve, pour lui, que ces signes se rattachent à la tradition primordiale et qu’ils expriment des vérités universelles propres à toutes les traditions (SSS, 64).

Depuis ces textes de 1925 jusqu’aux ultimes articles, ce sera un leitmotiv de l’oeuvre guénonienne : la concordance entre les symboles venant de traditions différentes prouverait leur origine unique, et par conséquent la réalité d’une tradition primordiale. Dans Autorité spirituelle et pouvoir temporel (1929), il écrit en note que la concordance de certaines traditions relatives aux pouvoirs spirituel et temporel « prouve à la fois la communauté d’origine, donc le rattachement à une tradition primordiale, et la rigoureuse fidélité de la transmission orale » (ASPT, 15). Dans un article de 1932, il conclut des rapprochements symboliques qu’il vient d’effectuer qu’il « faudrait être aveugle pour ne pas voir, dans des faits de ce genre, une marque de l’unité foncière de toutes les doctrines traditionnelles » (« Hermès », in FTCC, 132-133). À la fin d’un article de juillet-août 1950, et après avoir établi des concordances de sens entre le swastika, la lettre G et l’Étoile polaire, il conclut que « tout cela appartient à un symbolisme qu’on peut dire vraiment "oecuménique" et qui indique par là même un lien assez direct avec la tradition primordiale » (« La lettre G et le swastika », in SSS, 119). Ainsi, au long de ses études publiées essentiellement dans le Voile d’Isis (rebaptisé Études Traditionnelles en 1936), évoque-t-il de nombreux symboles, dans une perspective « comparatiste » et avec l’intention affirmée de les voir sous l’angle d’une origine supposée unique – la tradition primordiale. Parmi les signes qualifiés, par Guénon, de « primordiaux », ou liés selon lui assez directement aux origines de l’humanité, on peut citer le coeur (« Le Verbe et le Symbole », Regnabit, janvier 1926, in SSS, 19), le swastika et le point au centre d’un cercle (« L’idée du Centre dans les traditions antiques », Regnabit, mai 1926, in SSS, 71 et 64), les pierres de foudre (« Les pierres de foudre », Voile d’Isis, mai 1929, in SSS, 167), la croix (Le symbolisme de la croix (1931), 10), le poisson (« Quelques aspects du symbolisme du poisson », Études Traditionnelles, février 1936, in SSS, 145), la montagne et la caverne (« La Montagne et la Caverne », Études Traditionnelles, janvier 1938, in SSS, 201), le phénix (Compte rendu de livre (Le Phoenix, poème symbolique de Noël de La Houssaye), Études Traditionnelles, janvier 1945, in FTCC, 166), le cygne (« La Terre du Soleil », Études Traditionnelles, janvier 1938, in SSS, 98) ou l’Étoile polaire (« La lettre G et le swastika », Études Traditionnelles, juillet-août 1950, in SSS, 118-119).

L’emploi que fait Guénon des symboles pour démontrer l’existence d’une tradition primordiale n’est pas nouveau. Les XVIIIe et XIXe siècles sont traversés par l’idée d’une tradition primitive, qui serait repérable à travers les symboles, les mythes et les langues de l’Antiquité. Cette idée remonte elle-même à la prisca theologia de la Renaissance, conçue comme une philosophie éternelle annoncée, déjà avant le christianisme, par des figures comme Hermès. En 1766, Nicolas-Antoine Boulanger écrivait dans L’Antiquité dévoilée par ses usages : « Dans ce chaos de traditions, on ne reconnaît pas moins qu’il n’y a par toute la terre qu’une mythologie. » [1] Dans La Raison dans l’histoire (1830), Hegel fait état de cette conception : « On affirme l’existence d’un peuple primitif qui nous aurait transmis toute science et tout art (Schelling ; Schlegel : Langue et Sagesse des Indiens). Ce peuple primordial aurait précédé le genre humain proprement dit et se perpétuerait dans les anciennes légendes sous les images des dieux ; de sa haute culture nous pourrions trouver les vestiges déformés dans les mythes des plus anciens peuples. » [2] Jean-Pierre Laurant a montré combien Guénon s’était inspiré du Peuple primitif (1857) de Frédéric de Rougemont sans pourtant le citer. De cet auteur, qui s’inspira lui-même des Religions de l’Antiquité (1825) de Friedrich Creuzer, il a repris plusieurs thèmes : des symboles (le ternaire, l’arbre, la montagne ou l’île), des rapprochements entre des figures divines et mythiques (Mercure et Bouddha, Ménès et Manu, etc.), l’idée de l’obscurcissement des symboles et de l’apparition d’une dualité sacré-profane au cours de l’histoire [3].

De ce comparatisme orienté vers l’affirmation d’une origine unique des mythes et des symboles témoigne également un livre de Frédéric Portal sur le symbolisme des couleurs. Paru pour la première fois en 1840, Guénon en fera le compte rendu en janvier 1939 à l’occasion de sa réimpression (CR, 28). Frédéric Portal écrit que les « couleurs eurent la même signification chez tous les peuples de la haute antiquité ; cette conformité indique une origine commune qui se rattache au berceau de l’humanité, et trouve sa plus haute énergie dans la religion de la Perse ». « La langue des couleurs, intimement unie à la religion, passe dans l’Inde, en Chine, en Égypte, en Grèce, à Rome ; elle reparaît dans le moyen-âge, et les vitraux des cathédrales gothiques trouvent leur explication dans les livres zends, les Vedas et les peintures des temples égyptiens. L’identité des symboles suppose l’identité des croyances primitives » [4]. Enfin, L’Archéomètre, que Saint-Yves d’Alveydre laissa inachevé et qui fut complété par les « Amis de Saint-Yves » sur la base des documents laissés par l’auteur, est une tentative d’établir une clé universelle des correspondances symboliques. Appliqué à la « Science des Religions », peut-on lire dans cet ouvrage posthume publié en 1911, l’Archéomètre sert à déterminer « leurs positions exactes dans la Genèse et dans la synthèse du Verbe, à leur symbolique, à la signification logique de toutes les expressions de la Pensée créatrice, lettres, nombres, notes, formes, couleurs, fonctionnalités angéliques ou cosmologiques, équivalences et correspondances de tous ces signes du Verbe, harmonies correspondantes de l’année liturgique, des mois, des jours, des heures, etc… » [5].

Comme pour la notion même de tradition primordiale, l’idée de démontrer son existence par la ressemblance des symboles, des mythes et des langues, on le voit, n’est pas nouvelle à l’époque où Guénon publie ses premiers textes. Même s’il a voulu se distinguer radicalement des milieux occultistes et de la démarche universitaire, il a néanmoins puisé largement dans la documentation de ces précurseurs du XIXe siècle, eux-mêmes héritiers des recherches et des thèses du XVIIIe siècle. La nouveauté et l’originalité de l’oeuvre guénonienne est d’avoir donné à des thématiques choisies une netteté et une clarté quasiment mathématiques, puis d’avoir envisagé le comparatisme des symboles à l’intérieur d’une conception métaphysique rigoureuse et dans le cadre précis d’une transmission cyclique des symboles depuis une Révélation primordiale. De l’oeuvre guénonienne ressort ainsi une volonté permanente d’inscrire le symbolisme dans une perspective qui le dégage de tout arbitraire subjectif et des contingences historiques. Guénon s’est opposé à toutes les théories modernes du symbole. Il a souligné également l’incompréhension de la philosophie moderne pour le symbolisme, notamment dans un article repris dans les Aperçus sur l’initiation [6]. Dans ses articles de Regnabit, il a déploré la perte du sens du symbole, signe pour lui de la décadence du monde moderne occidental et de sa perte de la tradition [7]. Cette critique sera plus poussée encore dans Le règne de la quantité et les signes des temps (1945). Dans un chapitre intitulé « le renversement des symboles » (197-202), il verra dans l’interprétation maléfique que le modernisme fait de symboles positifs une influence satanique et un signe notoire de la fin imminente de l’âge sombre.

Pour Guénon, le symbolisme est une science exacte et « impersonnelle », car il s’enracine dans l’ordre fondamental de la réalité métaphysique et cosmique. Dans un article de février-mars 1934, il résume en quelques lignes ce qu’il avait développé dans ses articles de Regnabit et dans Le symbolisme de la croix : « tout véritable symbole porte ses multiples sens en lui-même, et cela dès l’origine, car il n’est pas constitué comme tel en vertu d’une convention humaine, mais en vertu de la "loi de correspondance" qui relie tous les mondes entre eux » [8].

Il en résulte, pour Guénon, que les sens des symboles sont atemporels, et que la signification d’un symbole antique peut être retrouvée aujourd’hui, même en l’absence de documents attestant sa signification. Dans un article du Voile d’Isis de juin 1929, il étudie un symbole celtique composé d’une superposition d’une croix et de trois carrés concentriques. Il rapproche cette « triple enceinte » des hauts grades maçonniques, qui sont parfois décrits « comme autant d’enceintes successives tracées autour d’un point central ». Il ajoute que ces documents maçonniques sont bien plus récents que les signes graphiques dont il est question dans son article, mais, ajoute-t-il, « on peut néanmoins y trouver un écho de traditions qui leur sont fort antérieures » (« La triple enceinte druidique », in SSS, 80.).

En certains cas, Guénon se montre sensible à l’apparition historique de tel symbole, qui révèle alors une phase nouvelle du développement cyclique : l’emploi de la caverne pour symboliser le coeur, par exemple, traduit pour lui une phase d’obscuration cyclique, au cours de laquelle la connaissance initiatique, auparavant ouverte, devient cachée et réservée aux initiés (« Le Coeur et la Caverne », Études Traditionnelles, décembre 1937, in SSS, 196-197). Néanmoins, Guénon entend se situer en dehors de toute démarche historique, considérant les symboles comme des témoignages d’une tradition primordiale métahistorique, et les interprétant donc en fonction d’une signification métaphysique supposée immuable. Par ailleurs, le sens des symboles transcende pour lui les interprétations subjectives. Dans un article d’octobre 1929, il affirme en réponse à Paul Le Cour : « Nous ne "faisons" point du swastika le signe du pôle : nous disons qu’il est cela et qu’il l’a toujours été, que telle est sa véritable signification traditionnelle, ce qui est tout différent ; c’est là un fait auquel ni M. Le Cour ni nous-même ne pouvons rien. » [9]

On notera combien cette vision du symbolisme révèle le goût de Guénon pour la géométrie et une certaine « désincarnation » de la métaphysique, et combien donc cette vision se révèle personnelle. Comme d’autres aspects de l’oeuvre guénonienne, cette théorie du symbole, certes fortement construite et remarquablement maîtrisée, pose des questions fondamentales sur la position de son auteur et ses sources de connaissance.



Notes
[1] Cité par Jean-Pierre Laurant, Le sens caché dans l’oeuvre de René Guénon, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1975, p. 29.
[2] Cité par Maurice Olender, Les langues du Paradis, Paris, Seuil, 1989, p. 31-32.
[3] cf. Jean-Pierre Laurant, Le sens caché dans l’oeuvre de René Guénon, p. 29-32.
[4] Des couleurs symboliques, Paris, Guy Trédaniel/Éditions de la Maisnie, 1979, p. 1-2.
[5] L’Archéomètre, Ville-neuve-St-Georges, Les Éditions Rosicruciennes, sans date, p. 274.
[6] « Symbolisme et philosophie », Voile d’Isis, novembre 1935, in AI, 129-135.
[7] cf. Addendum de l’article « Le Sacré-Coeur et la légende du Saint Graal », décembre 1925 (in SSS, 28) et « La réforme de la mentalité moderne », juin 1926 (in SSS, 13-14).
[8] « Le Saint Graal », Voile d’Isis, in SSS, 34.
[9] « Atlantide et Hyperborée », Voile d’Isis, in FTCC, 41.

Abréviations des livres de René Guénon
ACR I – Articles et comptes rendus, Tome I
AEC – Aperçus sur l’ésotérisme chrétien
AEIT – Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme
AI – Aperçus sur l’initiation
ASPT – Autorité spirituelle et pouvoir temporel
CMM – La crise du monde moderne
CR – Comptes rendus
ED – L’ésotérisme de Dante
EFMC I et EFMC II – Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, Tome I et Tome II
EH – Études sur l’Hindouisme
EME – Les états multiples de l’être
ER – Écrits pour Regnabit
ES – L’erreur spirite
FTCC – Formes traditionnelles et cycles cosmiques
GT – La grande Triade
HDV – L’homme et son devenir selon le Vêdânta
IGEDH – Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues
IRS – Initiation et réalisation spirituelle
M – Mélanges
MO – La métaphysique orientale
OO – Orient et Occident
RM – Le Roi du monde
RQST – Le règne de la quantité et les signes des temps
SB – Saint Bernard
SC – Le symbolisme de la croix
SSS – Symboles de la science sacrée
T – Le Théosophisme. Histoire d’une pseudo-religion


Extrait de Patrick Ringgenberg, Diversité et unité des religions chez René Guénon et Frithjof Schuon, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 84-92.